Le Singe de Hartlepool - Oneshot - de Lupano & Moreau - Editions Delcourt (05/09/2012)
Histoire :
Nous sommes en 1814, Napoléon Bonaparte
est l’empereur des français et tente par tous les moyens de conquérir
d’autres territoires afin d’accroitre son empire. Tout débute, lorsqu’un
navire français naviguant sur les eaux de la mer du Nord est pris dans
une tempête lorsqu’il longe les côtes de la ville anglaise Hartlepool.
Le navire lutte contre la tempête mais cette dernière aura raison de
celui-ci et le lendemain matin, les habitants d’Hartlepool (surnommé
les « Monkey Hanger »), vont trouver les restes du navire ainsi qu’un
survivant, un singe portant l’uniforme de l’équipage du navire, un
uniforme français. La haine que vouent les Monkey Hanger aux français
est tellement forte qu’ils vont uniquement s’arrêter sur les apparences
plutôt que sur les faits réels. Ce singe qui autrefois avait été
arraché à sa famille, qui a dû s’adapter à l’équipage français, est
totalement déboussolé face à des villageois nationalistes, hargneux et
en colère. Ce petit singe ne comprend pas la langue et face à des
étrangers, il ne peut avoir qu’une réaction étrange et agressive lié à
son instinct de survie.
Les habitants d’Hartlepool perçoivent
cela comme une attaque à leur nation, à la Reine et organisent un
semblant de procès pour au final pendre ce petit être sans défense.
Critique :
Souvent lorsque l’on ignore quelque
chose, l’on préfère soit porter des œillères, soit se retrancher
derrière le nationalisme. Cette histoire est inspirée d’une légende
locale et les auteurs de cette bande dessinée retracent les faits d’une
manière très ressemblants mêlant l’humour avec la tragédie. Le surnom
des habitants d’Hartlepool est bel est bien « Monkey Hanger » mais le
plus dommage c’est que deux siècles se sont quasiment écoulées et les
leçons du passé n’ont pas été assimilées puisqu’ils sont fiers du surnom
qu’on leur donne et ne remettent nullement en question les actes de
leurs ancêtres. Et des évènements de l’histoire démontrent que
l’ignorance est un terrible fléau.
Dans cette bande dessinée, les auteurs
auraient pu comme je viens de vous le faire, une leçon de morale et une
sorte de carte blanche comme certains quotidiens le font ; mais pas du
tout. L’histoire raconte l’aventure de ce navire français ainsi que deux
des membres de l’équipage qui échoueront sur cette plage, l’un se fera
attraper et l’autre se mêlera à la foule. On peut suivre les idées
étriquées des habitants d’Hartlepool tout comme les réactions
magnifiques de certains anglais présents sur place. La leçon de morale
n’est pas présente mais juste une histoire racontée d’une façon où l’on
ne peut que s’attacher à ce singe et où l’on en arrive à sourire à
certains passages qui en temps normal nous aurait révolté. L’humour est
décalé et les dessins sont de prime abord, assez étranges. Je serai
incapable de pouvoir comparer les traits de crayons à un certain type de
bande dessinée ou autre, cela me fait juste penser à la capacité du
réalisateur cinématographique, Tim Burton, de créer un univers propre à
sa pensée, à sa façon d’être. Dans cette bande dessinée, il s’agit d’une
première pour le dessinateur et coloriste, Jérémie Moreau ; On a
l’impression d’être plongée dans la vieille Angleterre de 1814, grâce à
ses traits, à ses couleurs, aux formes du village,… Il s’agit d’un
dessin ayant du caractère et au fil de la lecture, tant grâce aux
dessins qu’au scénario, on arrive à apprécier cette légende locale
développée de façon tragique et humoristique.
Note : 7/10

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